Reçu des infos d'Anne Quéméré, qui prépare une traversée San Francisco-Tahiti en kite:
"L’OceanKite est entrain de revêtir ses nouvelles couleurs et c’est un peu comme s’il retrouvait une nouvelle jeunesse. Depuis ma rencontre avec les dirigeants d’Adrien, tout a été très vite et il a fallu jouer avec un compte à rebours qui continue inlassablement à égrener les heures et se moque bien de cette course contre la montre dans laquelle nous sommes lancés. Dans un peu plus d’un mois l’OceanKite embarquera depuis le Havre sur un cargo à destination de San Francisco, autant dire que pour nous, c’est comme si c’était demain. D’ici là pourtant, il reste encore de nombreux détails à régler et quelques ailes à faire voler dans la Baie de La Forêt Fouesnant. C’est fou le temps que prennent les moindres changements et adaptations sur le flotteur. Il faut sans cesse bricoler à partir de ce qui existe, pour transformer et façonner à sa patte afin de trouver la solution idéale. Pour ce qui est des ailes, mon choix s’est finalement porté sur celles fabriquées chez Takoon et plus particulièrement, la Enova2 ainsi que la Nova3, récemment sortie sur le marché. Les performances de l'une et de l'autre en vol ainsi que la facilité de redécollage m’ont convaincu tout comme les finitions qui peuvent sembler un détail, mais qui devraient me permettre de naviguer jusqu’à la Polynésie Française sans accroc. Reste maintenant à définir les différentes tailles de kites embarqués. Probablement de 11m² à 20m², avec une taille intermédiaire de 16m². Les plages d’utilisation des ailes nouvelle génération étant beaucoup plus larges aujourd’hui que ça n’était le cas en 2006 lors de ma transatlantique en kite, cela devrait me permettre d’en embarquer moins que précédemment et donc de gagner en poids et en espace de rangement. Toujours ça de pris sur ma petite embarcation de 5,50 mètres dans laquelle il va falloir bon gré mal gré charger, 3 mois de nourriture, autant de vêtements de rechange, et de matériel nécessaire à une traversée autonome et sans escale. D’ici quelques jours l’OceanKite pourra à nouveau se montrer au grand jour, et les navigations reprendre pour quelques semaines encore…"
Les fêtes de Brest 2008 viennent de se terminer avec l'habituelle apothéose: la grande régate vers Douarnenez. Près de 5000 bateaux y ont participé! Et (je ne plaisante pas) il faisait beau. L'image parle d'elle-même...
Je connais beaucoup de pêcheurs professionnels. La plupart sont très conscients des problèmes environnementaux. Pas tous, malheureusement, mais beaucoup. Et certains s'organisent déjà, spontanément, pour gérer la ressources. Des comités des pêches comme celui de Paimpol (et ce n'est qu'un exemple) ont mis des réglements internes de protection de la ressource plus sévères que la réglementation française ou européenne. Et ils les font eux-mêmes respecter!
Je suppose donc que le thème que j'évoque est déjà en discussion dans ces comités des pêches. J'attends, maintenant, de voir si quelque chose en sort...
Certains vont trouver que c'est une vieille antienne. Mais plus le prix du pétrole augmente, plus les ressources se raréfient, plus les techniques de pêche doivent être revues en fonction des deux critères qui deviennent essentiels, voire vitaux pour les pêcheurs eux-mêmes: la consommation énergétique et l'impact sur les ressources. Et là, le chalut est très mal placé.
Cette technique de pêche est sans conteste l'une des plus dégrandante pour le milieu marin. Le chalut pélagique (qui reste dans la colonne d'eau) attrape sans distinction tout ce qui passe à sa portée. Quand il s'agit de poissons dits fourrage, comme le spra ou même l'anchoix (notamment dans le Pacifique), cela est d'une redoutable efficacité. Mais les prises annexes, qui peuvent représenter plus de la moitié de la pêche, remonte mortes sur le pont. Idem, en pire, pour les chaluts de fond, qui eux, en plus, labourent le fond sous-marin, dégradant l'écosystème, avec des impacts forts sur des zones de reproduction ou de nourriture.
Le chalut, en plus, est très gourmant. Il faut non seulement de la puissance pour traîner les tonnes, voire les dizaines de tonnes que peut peser un chalut plein relié par mille ou deux mille mètres de cable, mais il en faut aussi pour remonter ce chalut à bord du bateau. Aujourd'hui, la facture de gasoil d'un chalutier dépasse fréquemment la moitié du chiffre d'affaires réalisé avec la pêche!
En comparaison, des fileyeurs ou des palangriers ont des coûts de gasoil entre 10 et 20% de la pêche. Avec (si j'exclue les filets dérivants, qui sont maintenant interdits presque partout, même si certains les utilisent encore...), moins d'impacts sur l'écosystème.
Le problème: le coût du basculement. Les pêcheurs se sont lourdement endettés, encouragés d'ailleurs par l'Etat et les banques, pour moderniser leurs bateaux. Et, principalement, vers le chalut et même, un comble, le double chalut. Adapter les bateaux est souvent possible. Mais à quel prix? Et qui doit payer?
Les subventions à la pêche sont une goutte d'eau dans l'océan des aides agricoles. Peut-être faut-il penser, maintenant, à privilégier, avant tout, l'évolution des techniques de pêches?
J'avoue avoir une grande faiblesse pour cette association de surfeurs, et de défense de la mer, à qui Nautilus donne régulièrement son quatrième de couverture. Une association, créée notamment par le grand surfeur Tom Curren, qui sait remarquablement communiquer par des petits films très malins.
J'ai été, samedi matin, à l'inauguration de la nouvelle exposition annuelle d'Océanopolis (qui, au passage, a changé son site Internet), "Chaud les coraux". L'expo, comme d'habitude, est superbe, d'intelligence, de pédagogie et, tout simplement, d'esthétisme. Les images, il est vrai, sont toutes signées d'un garçon qui est en train de s'imposer comme l'un des meilleurs photographes sous-marins du monde. Je pèse mes mots: du monde. Depuis quelques années, je suis ses images et son talent me stupéfie. Laurent Ballesta. Vous connaissez sans doute ce nom, mais si vous ne le connaissez pas retenez-le. C'est un très grand. Biologiste marin, c'est en spécialiste et amoureux du monde marin qu'il plonge et prend des photos, "pour éviter la dépression" comme il l'a dit samedi matin. Il voyait le monde marin s'abimait sous les coups des hommes, de l'industrialisation et du réchauffement climatique, et c'est sous l'eau qu'il est parti chercher des raisons d'espérer. Ses images sont tellement belles qu'on en reste sans voix. Et il obtient, je pense, ce qu'il cherche: provoquer chez nous un furieux besoin de conserver tout cela dans cet état magique de beauté. Ses photos sont partout dans l'exposition d'Océanopolis. Si vous passez en Bretagne, n'hésitez pas à vous rendre dans le grand bâtiment du port du Moulin Blanc, à Brest. Vous en ressortirez plus intelligent, grâce à l'expo, et plein d'émotions, grâce à Ballesta. Si vous ne pouvez vous y rendre, précipitez vous pour acquérir les livres de Laurent. Planète Mer, (écrit avec Pierre Descamp, son compère de longue date) notamment, est indispensable à toute bonne bibliothèque. J'ajoute un dernier point: Laurent Ballesta n'est pas seulement un formidable photographe, c'est un homme extrêmement sympathique. Bon j'arrête, je vais finir par en faire trop, mais c'est vrai que j'ai un vrai coup de coeur pour son talent et sa personnalité.
Le dernier numéro de Nautilus magazine vient de sortir pour les abonnés.Cette fois, le magazine emmene le lecteur en mer d 'Aral, où les pêcheurs constatent un retour de la vie, mais auss à bord du Belem avec les Peintres de la Marine, corps officiel de la défense nationale, ou dans le temps à la recherche de la vérité sur Ferdinand Magellan.
Doucement, mais sûrement, Guy Bernardin et son Spray vont boucler leur tour du monde. Les voilà désormais dans la mer des Caraïbes. Pour des raisons de retard dans le calendrier, il a été impossible au vieux bateau, réplique du Spray de Joshua Slocum (dont le tour du monde remonte à 1893-1895), d'affronter le Cap Horn. Trop d'incertitudes météo avec l'automne austral. Alors c'est par le canal de Panama que le continent américain a été dépassé (photo).
Guy compte maintenant passer par le triangle des Bermudes, en hommage à Slocum qui y a disparu il y a 99 ans, avant de se diriger vers les Sables d'Olonne, pour l'été. Pour l'instant, il navigue dans les eaux chaudes et parfois mouvementées... Son dernier message, du 7 avril: "Quelle nuit! C'était Verdun, Dien Bien Phu! Eclairs, tonnerre, décharges électriques aveuglantes, orages, pluie très forte et vents violents. Pas dormi de la nuit! Et au lever du jour...les Coast Guards qui sont venus à bord pour un check up sécurité!!! Sifflet, état des pompees etc... Très corrects et très sympas! du trafic: cargos et croisières de luxe! Espère arriver mercredi. A+" .
Un livre "ovni" vient de sortir: la vie de Michel Lefebvre, écrite par Yves Garric. Vous ne connaissez sans doute pas Michel Lefebvre, mais si je vous parle de Topex-Poseidon? Le premier satellite français d'observation des océans? Il en est l'un des pères, avec Jean-François Minster.
Un scientifique, alors, Michel Lefebvre? Oui, bien sûr. Physicien. Ancien du Centre National d'études Spatiales, donc, mais aussi de l'Observatoire de Paris où il faisait de l'astronomie. Mais aussi, et peut-être surtout, un homme de mer. Ancien capitaine au long-cours ayant silloné les mers plusieurs années durant sur des cargos de la marine marchande.
Aujourd'hui, Michel est à la retraite. Mais il continue à suivre l'océanographie, notamment comme membre éminent du Club des Argonautes.
Vivre de la mer est un cycle gratuit de rencontres et de films, tous les week-ends du 22 mars au 13 avril 2008 à la Cité des sciences et de l'industrie. On y croisera des réalisateurs, des scientifiques, des professionnels de la mer et des militants associatifs sur le thème Vivre de la mer. Deux navigatrices, Catherine Chabaud et Raphaëla le Gouvello, animeront les débats entre les "pros" et le public. Dans les rendez-vous: . Vivre au bord de la grande bleue (samedi 22 mars) . Les Combattants pour la mer vendredi 28 mars à 18h30 . Peut-on continuer à manger du poisson ? (samedi 29 mars) . A qui appartient la mer ? (samedi 5 avril) . Marin pêcheur de père en fils ? (samedi 12 avril) - Projection en avant première dimanche 30 mars à 17h du film SHARKWATER, les Seigneurs de la mer, de Rob Stewart, dont je vous ai déjà parlé ici.